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Les zoos sont-ils une impuissante collection d’animaux,
ou au contraire ont-ils un rôle primordial à jouer
dans la conservation des espèces et dans l‘éducation
du public. Découvrez ici ce que font réellement les
zoos... |
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conservation in situ
conservation
ex situ
réintroductions dans
la nature |
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| Nous parlerons ici des espèces
exotiques menacées, le propre d’un parc zoologique
étant de présenter des éléments
de la faune sauvage et non de la faune locale. Il ne faut
cependant pas oublier qu’au niveau de nos pays mêmes,
en Europe, de nombreuses espèces sont également
en danger de disparition et que nous pouvons aider à
leur conservation. Un exemple : en arrêtant de relâcher
les tortues de Floride dans nos rivières, où
elles prennent la place de la tortue de Cistude. |
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Deux
grands rôles attendent les parcs zoologiques aujourd’hui
:
La protection proprement dite, avec la reproduction des espèces,
leur éventuelle réintroduction dans leur pays
d’origine, les centres d’étude, la création
de réserves (financées par les zoos sur leurs
fonds propres), le financement de programmes d’études
in situ comme ex situ. Téléchargez
ici une fiche des carnets pédagogiques de Beauval
sur le rôle des zoos.
L’autre grand rôle, peut-être le plus important,
est l’éducation du public. Avertir le public
des réelles menaces pesant sur la forêt pluvieuse
tropicale, expliquer pourquoi il ne faut pas qu’elle
disparaisse, introduire les notions de biodiversité,
démontrer pourquoi il est terrible que tant et tant
d’espèces disparaissent sont les nouveaux défis
des zoos. Devant la beauté d’un tigre courant,
la grâce d’un bébé gibbon se balançant
« pour de vrai » dans les branches devant eux,
la drôlerie d’un petit chimpanzé jouant
avec sa mère, la vivacité d’une otarie
fendant l’eau, le public prend conscience de la préciosité
du monde animal et de la nécessité de le protéger.
En sortant de Beauval, à la question « à
quoi sert un parc zoologique ? » , 98% de nos visiteurs
répondent spontanément « à sauvegarder
les espèces menacées et à protéger
la nature ». Un résultat d’enquête
dont nous sommes fiers … Cliquez
ici pour découvrir les programmes d’éducation
de Beauval. |
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Conservation
ex situ
C’est-à-dire protection et élevage d’espèces
menacées en-dehors de leur milieu naturel. Elle a pour
but de garder une diversité génétique
des espèces en captivité (rôle des EEP)
en faisant circuler à travers toute l’Europe
les jeunes nés en zoos. Grâce aux élevages
dans les zoos, de nombreuses espèces ont été
préservées.
En s’échangeant ou en se donnant les nombreux
jeunes issus de cette reproduction en captivité, les
zoos ont supprimé la valeur monétaire attribuée
à un animal menacé. Il est inenvisageable maintenant
d’acheter un gorille ou un lamantin : par principe déontologique,
les zoos refusent une valeur marchande. Tous procèdent
par échange ou par prêt d’élevage
(un pourcentage des jeunes nés appartiendra au zoo
donateur). Certains animaux, comme le koala n’appartiennent
ainsi jamais au zoo qui les reçoit. Ils sont toujours
la propriété du centre unique qui gère
leurs échanges et toute la protection au niveau mondial
: the San Diego Zoo. |
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La
Protection menée par l’action des zoos en Europe
à travers l’EAZA et les EEP
Chaque espèce est examinée par des commissions
au niveau de l’Association Européenne des Zoos.
Le comité des EEP les classent ensuite suivant plusieurs
critères (menaces pesant sur l’animal dans la
nature, possibilité de l’accueillir ou non dans
les parcs zoologiques européens, présence en
nombre suffisant pour le maintien d’une population génétiquement
viable). |
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La
conservation ex situ est complémentaire de la conservation
in situ.
Actuellement plus de 200 zoos appartenant à 25 pays
se sont engagés dans des programmes d’élevage.
Un certain nombre d’espèces sont devenues entièrement
dépendantes des zoos pour leur survie : le cheval de
Przewalski (une réintroduction très réussie
a eu lieu en 2002 en Mongolie), les pigeons de l’Île
Maurice, les tamarins-lions du Brésil etc.
A Beauval nous participons à une trentaine d’
EEP et 16 ESB. Nous tenons le studbook de deux calaos.
En savoir plus sur les EEP. |
Conservation
in situ
Les zoos financent de nombreux programmes de recherche dans
les pays d’origine des animaux : recherche, protection,
dénombrement des spécimens restants d’une
espèce, création de réserves, etc. La
liste est longue de ce que les zoos peuvent faire et ont déjà
fait. Plus d’une cinquantaine d’espèces
ont ainsi été réintroduites dans la nature
dans les cinquante dernières années (oie néné,
Oryx d ’Arabie, Tamarin-lion du Brésil, etc). |
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Une des grandes
leçons et l’un des grands développements
futurs de la conservation est qu’il ne peut y avoir
de projets viables s' ils n’impliquent pas la population
locale. Il faut d’abord prendre en compte les intérêts
locaux des populations vivant avec ces animaux, dans ce milieu
si l’on veut construire un programme solide.
Ainsi dans le projet Hutan, dont Beauval fut l’un des
tout premiers sponsors européens, une large part
est-elle faite à l’implication des populations
locales. Il s’agit d’étudier une population
d’Orangs-outans
dans un milieu dégradé par l’homme :
la forêt a été abattue et des plantations
de palmiers construites à la place. Le programme,
mis en place en 1998 par deux jeunes scientifiques français
Marc Ancrenaz et Isabelle Lackman-Ancrenaz étudie
l’adaptation
de l’orang-outan à ce milieu et les interactions
avec la population locale. Très vite, le projet débouchera
sur la nécessité de création d’une
réserve. Mais aussi sur des conclusions surprenantes
: les orangs-outans s’adaptent bien à ce
nouveau milieu. Les hommes moins ! Il faut alors former
les populations
locales et expliquer la nécessaire protection de cet
anthropoïde. Gérer les conflits inévitables
entre les animaux et les humains (les paysans locaux n’ont,
bien sur, pas envie que ces grands singes descendent saccager
leurs plantations. On voit là la nécessité
d’avoir une équipe sur place, qui travaille
sur une longue, voire très longue période
de temps. Et la nécessité de financer tous
les ans
un programme : il ne suffit pas de le lancer, encore faut-il
le maintenir et le développer.
En savoir plus sur hutan. |
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Dans un projet de conservation
in situ, il est également très important de
connaître les acteurs du projet : qui sont les scientifiques
qui partent sur place.
Cela permet d’avoir un suivi précis de l’argent
donné et d’avoir un bon suivi du programme. Le
programme du W est un bon exemple de ce type de projet. Audrey
Ipavec, jeune éthologiste française, avait effectué
un stage à Beauval sur les rhinocéros. Deux
ans plus tard, elle est revenue nous voir avec un projet passionnant
pour les éléphants. En
savoir plus sur le programme du W. |
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Réintroduction
dans le milieu naturel
Les réintroductions ont eu lieu et ont été
réussies pour une cinquantaine d’espèces
(l’Oryx d’Arabie, l’Oie Néné
d’Hawaï, les pigeons de l’Île Maurice
etc.)
La réintroduction dans le milieu naturel est possible
pour de nombreuses espèces sous certaines conditions.
Il est en effet difficile maintenant de réintroduire
des grands fauves ou même des grands singes dans des
habitats saccagés où ils n’ont plus l’espace
nécessaire. Le problème de la survie des gorilles
de montagne dans des pays perpétuellement en guerre
où tout programme suivi est presque impossible se pose
avec gravité.
En revanche, à de nombreuses reprises de petites espèces
(singes, oiseaux, petits mammifères) ont été
réintroduites. Avec succès à condition
que l’opération soit énormément
suivie sur place : nous l’avons déjà vu,
il faut impliquer la population locale, lui fournir d’autres
moyens de subsistance que les cultures sur brûlis
qui détruisent irrémédiablement
les forêts
tropicales et protéger les espaces où les espèces
ont été réintroduites.
En réintroduisant une espèce, ce sont des centaines,
parfois des milliers que l’on protège ainsi puisqu’il
faut protéger toute l’aire de réintroduction.
L’exemple le plus couramment cité est celui du
Tamarin lion du Brésil. La réintroduction peut
également être un « simple » apport
de sang neuf ou d’animaux reproducteurs à une
population existante.
Un exemple précis de réintroduction dans la
nature : le programme Help Congo Soutenu par Beauval, Help
Congo est une association qui réintroduit de jeunes
chimpanzés élevés à la main, soit
parce qu’ils étaient orphelins, ou bien achetés
comme animal de compagnie. Cliquez
ici pour en savoir plus. |
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